Titres : Accès à l'eau potable: le DG de l'Alternative BTP offre 8 forages aux populations de Kpendjal Ouest 2 ... Le NET marque du terrain à Borgou ... Tandjoare: les populations renouvellent leur alliance avec ADDI ... Législatives et régionales du 29 Avril: UNIR lance l'offensive à Dapaong ... Togo/Politique: un ciel lourd ...  Il faut mettre un terme à la catastrophe humanitaire au Soudan  ... Littérature: Evalo wiyao dédicasse un nouvel ouvrage. ... Togo: situation nationale: "Le peuple Togolais ne mérite pas cela" Dominique Guigbile, évêque de Dapaong ... Mango: Vers l'homologation prochaine du terrain Doumbé? ... LETP Mango: À 42 ans, un élève s'inscrit avec son fils. ...
Accueil Articles Namoundjoga: Une affaire de chefferie crée la fracture sociale
Éducation

Namoundjoga: Une affaire de chefferie crée la fracture sociale

par Edouard Samboe - 2023-03-04 15:46:18 1522 vue(s) 0 Comment(s)

Le grand Tône vibre au rythme du choix des chefs de cantons depuis l’année dernière. De Biankouri à Sam-Naba en passant par Naki- Est, Nanergou et Nioukpourma, de nouveaux chefs cantons ont été désigné par consultations populaires. Tout se serait passé sans heurts, cette fois-ci, a t-on appris. Autorités, prétendants et populations méritent donc d’être félicités car faut-il le rappeler, d’après plusieurs observateurs, le choix des chefs de cantons dans la région des savanes a toujours rythmé, dans la plupart du temps , avec violences et contestations. Si jusqu’ici le choix des gardiens de la tradition s’est bien déroulé dans Tône et Cinkansé, des signaux inquiétants sont perceptibles dans le Kpendjal où s’annonce l’élection d’un nouveau chef pour le de canton de Namoundjoga.

Place du mât dans la cour du défunt chef Nanwadja

Le canton de Namoundjoga, l’un des plus vieux de la préfecture de Kpendjal-Ouest est sans chef depuis six ans. Le feu chef Namedougue Nanwadja, décédé en août 2017 n’a pas encore eu de successeur. Le canton serait dirigé jusqu’ici par un des frères du défunt. Il aurait été choisi par la famille après le décès de son frère aîné pour assumer la régence avec l’aval de l’autorité. Ces derniers temps on annonce la tenue de l’élection d’un nouveau chef alors que la situation sécuritaire démeure précaire.

Dans la région des savanes, les conflits fonciers et les problèmes de chefferies sont entre autres les principales causes de la déchirure du tissu social selon certains spécialistes en gestion pacifique des conflits. Et la tenue d’une consultation populaire dans cette situation pourrait saper les efforts consentis jusqu’ici par le gouvernement, les forces de l’ordre et les populations en vue de faire bloc contre l’ennemi qui tente de troubler la quiétude dans cette partie du pays. Le canton de Namoundjoga depuis 60 ans n’a connu en réalité qu’un seul chef. À la mort de Namedougue Kombate dit  » Gbéboabe » qui a régné sur le canton de 1963 à 2009, il a fallu attendre cinq ans pour qu’une consultation soit organisée et consacrer son fils Namedougue Nawadja comme nouveau chef. La surprise c’est que le successeur de « Gbéboabe » ne verra jamais le drapeau flotter du haut du mât de sa cour jusqu’à sa mort. Il ne sera jamais intronisé. Et pourtant, son choix a été sans contestation aucune.  » Tous les candidats avaient signé le procès verbal reconnaissant Namedougue Nawadja comme vainqueur des élections. » affirme le commandant Youah, préfet de Kpendjal à l’époque des faits. « Ce n’est qu’un mois plus tard que certains ont commencé par s’agiter avec la bénédiction des politiques empêchant ainsi la remise du décret au nouveau chef jusqu’à sa mort, trois ans plus tard, emporté par le chagrin  » affirme une source à Namoundjoga. Plusieurs voix révèlent dans la localité que la zizanie née de cette consultation populaire était à l’actif d’un cadre du canton aux cheveux couleur sel qui auraient manoeuvré pour que son frère candidat malheureux soit celui là à qui on porterait à tout prix le bonnet rouge. Des affirmations qui viennent conforter la thèse qui soutient que dans la plupart des cas, les chefs sont imposés aux populations et que parfois, pour être chef de canton dans la région des savanes, il suffit d’avoir un bon parrain politique même si on est reconnu réputé de moralité douteuse. Les souvenirs amères de la première consultation populaire du 8 avril 2014 qui a connu la victoire de feu Nawadja comme chef canton restent encore vivaces dans les esprits des populations comme si c’était hier. En effet plusieurs sources rapportent qu’au lendemain de sa défaite d’un des candidats du Clan Nassab avait décidé de chasser tous ceux là qui habitaient sur leurs terres et qui ne s’étaient pas investis pour lui éviter la défaite. Ainsi, on raconte que le sieur Anhan Kombaté et son fils Goumboundi par exemple avaient vu leurs maisons décoiffés par des jeunes se réclamant proches du candidat malheureux du clan Nassab. Chassés de leurs terres et les habitations détruites, Ces familles se retrouveraient aujourd’hui en terre béninoise. Les conflits nés de cette élection, exacerbés par des manipulateurs tapis dans l’ombre ont divisé le canton, créant une large fracture entre des clans qui cohabitaient jadis pacifiquement.

Des signaux inquiétants

D’après nos recoupements, les populations des villages du canton de Namoundjoga redoutant de nouveau des représailles de la part des futurs candidats malheureux, rechigneraient à s’aligner cette fois-ci pour une consultation populaire .
 » Peu importe la personne qui sera nommée comme chef de notre canton, nous nous mettrons derrière lui . Ce que nous ne souhaitons plus, c’est le choix par vote car cela répresente un grand danger pour les populations » explique un habitant de Namoundjoga joint au téléphone par notre rédaction. Reçu le 21 février 2023 par le préfet de Kpendjal- Ouest, les six candidats à l’unanimité auraient exprimé leur volonté de voir l’autorité procéder à une nomination afin de préserver la paix sociale.
L’inquiétude qui gagne les coeurs des habitants du canton depuis l’annonce de cette élection prochaine est partagée par certains natifs que nous avons contacté.  » C’est vrai que nous ne sommes pas au village mais nous y avons des proches. Si une consultation populaire débouche sur des actes de violences, nous en paierons les frais d’une manière ou d’une autre. Je pense que le climat actuelle dans le Kpendjal n’est pas propice pour le choix d’un chef. Il vaut mieux attendre » propose un natif du canton, directeur d’école ayant requis l’anonymat. D’autres voix au sein des cadres du cantons souhaitent en plus du report de cette consultation, la possibilité de subdiviser le canton en deux pour minimiser les risques d’affrontements.  » Les divisions sont profondes entre les adversaires et l’inquiétude des populations, grande. A cause de cette situation, moi j’évite au maximum de rentrer au village parce qu’une fois sur place, quand tu salues un prétendant ou son proche, tu deviens de facto la cible à abattre pour les autres. C’est vraiment difficile » se complaint un natif du canton. Ce dernier a confirmé que la dernière consultation populaire a débouché sur un conflit foncier qui est pendant jusqu’à ce jour devant les tribunaux.

Habitation vidée suite à un conflit née de la chefferie

Selon des indiscrétions, la tension est palpable et la méfiance s’accentue entre les clans depuis la dernière rencontre du préfet avec les prétendants au trône. « Ces derniers temps, nous assistons à une monté de tension entre les populations. Ceux avec qui nous causions et partagions nos repas hier sont très réservés aujourd’hui car craignant d’être traité de rouler pour tel ou tel candidat » relève un prétendant qui dit craindre des lendemains incertains.  » J’ai peur qu’après le choix du chef, que des individus commettent des assassinats ciblés nuitamment pour mettre ça sur le dos des terroristes. » Ajoute t-il. À la question de savoir pourquoi alors les candidats ne peuvent-ils pas s’entendre et laisser un passer, il explique qu’ils sont issus de plusieurs clans.

La décision de l’autorité d’élire un chef pour le canton de Namoundjoga est une décision politique contre laquelle nul ne saurait s’opposer mais la question reste à savoir si c’est bien cela la priorité de l’heure. Notons d’ailleurs que dans le Kpendjal, des cantons comme Tambingou, Ogaro, Borgou et même Mandouri sont à l’heure actuelle dirigés par des régents. Loin de prédire l’apocalypse, il est à craindre des lendemains incertains au regard des échos qui se relaient

Robert Douti

Laabali.tg

Published
Categorized as Éducation

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *