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Résilience : Dans le Kpendjal, ces nouveaux quartiers fondés par les déplacés

par Edouard Samboe - 2023-06-14 10:26:03 617 vue(s) 1 Comment(s)

La crise sécuritaire que connaît le Togo dans sa partie septentrionale depuis bientôt plus de deux ans a provoqué le déplacement massifs des populations. Dans les préfectures de Kpendjal et Kpendjal Ouest, des villages comme Kpembole, Banangandi, Lidoli, Lalabiga, sankortchagou, etc  se sont vidés de leurs populations. Installées à Mandouri pour certains et à Koundjoaré pour d’autres depuis fin juillet 2022, elles ont fini par se trouver d’autres localités d’accueil face à la situation qui semble perdurer. À Tchimouri village du canton de Ponio dans la commune de Kpendjal ouest, de nouveaux quartiers fondés par les déplacés voient le jour depuis  quelques mois. Reportage au cœur du quartier des déplacés de Tchimoury.

À l’entrée du village, coule une rivière au lit rocaileux . Des femmes y font la lessive pendant que quelques gamins barbotent dans les eaux limpides. Justes à quelques mètres après la rivière à droite, des cases rondes couvertes de pailles et aux murs badigeonnés de décoction d’écorces de fruits de néré attirent l’attention des visiteurs. C’est « le quartier des étrangers », ainsi désigne t-on ce quartier dans le village.

Des habitats de fortune..

Bâti sur un terrain rocailleux, le quartier des étrangers se singularise par l’étroitesse des cases . De loin, on croirait se trouver en face de porcheries ou de poulailler de par la taille .  » Quand on est veuve, on ne choisit plus qui épouser » c’est par cette assertion que Kampatibe Salamatou, 73 ans, veuve et mère de sept enfants répond à notre curiosité de savoir pourquoi les cases étaient peu hautes et très étroites.  » Lorsque que nous avons compris que le retour dans nos villages respectifs n’était pas pour demain, nous avons approché les autochtones de Tchimouri pour avoir une parcelle de terre à des fins d’habitation et c’est ici qu’il nous ont donné. Comme vous le voyez, ce sont uniquement des roches ici. Il n y a pas de terre pour fabriquer les briques; avec le peu que nous avons trouvé, pas la peine de vouloir construire de grandes et hautes cases. Nous cherchons juste où se cacher la nuit  » explique t-elle.

Contrairement aux concessions habituellement dispersées comme c’est la mode dans la région des savanes, ici, les maisons sont serrées les unes contre les autres et les cours extérieures se confondent. Les habitants expliquent qu’il n y avait pas suffisamment de place permettant de laisser de l’espace autour de chaque concession. Les toits sont en pailles tressées et sans nul doute beaucoup d’entre eux doivent couler en cas de pluie car tout laisse contre que la paille a été insuffisante. Une hypothèse que confirme Djouwougou Nakordja.  » Avec la présence des hommes armés dans la forêt, ce n’était pas aisé de s’y rendre pour couper les pailles de peur de sauter sur une mine ou de se faire enlever. Nous avons glané dans les environs du village pour obtenir quelques bottes. Une case qu’on devrait couvrir avec 12 bottes se retrouve parfois avec 7 bottes. » explique t-il .

L’insalubrité, et l’eau potable, des défis à relever.

Construit sur des rocher, le quartier est parsemé de flaques d’eau. L’eau stagne sur les rochers après la pluie. Aussi les trous creusé dans le sol pour extraire la latérite qui a servi pour la construction des cases se remplissent-ils d’eau.  Des porcs se vautrent dans ses flaques qui constituent des gîtes de multiplication des moustiques. Dans les cours extérieures des concessions jonchent des bouses de vaches et des déjections d’ânes qui baignent dans les urines.  Les latrines sont rares puisqu’il est impossible de faire un trou sur le sol caillouteux. Seuls deux latrines de fortune sont construites mais elles ne promettent pas résister aux grandes pluies. « Ici, pour manger c’est difficile, pour aller au selles cela l’est encore davantage. Il n’y a pas de brousse pour ça . Il faut parfois faire la queue devant les deux latrines. » se complaint Pognirga Yemboni. Dans chacune des concessions, à l’intérieur comme à l’extérieur, des tas de noix et de fruits de karité en putréfaction attirent mouches et moucherons.  » Ici, il est impossible de rester dehors à la tombée de la nuit, il y’ a tellement de moustiques alors que les grandes pluies ne sont pas encore de retour » déplore une jeune dame .

  Avec de vieilles moustiquaires ou des paillassons à la place des portes, les occupants du quartier sont exposés aux insectes et aux reptiles mais ils restent confiants.  » À brebis tondue, Dieu mesure le vent  » s’exclame Yempaline Djidame. Pour lui, Dieu ne saurait laisser des reptiles troubler leur tranquilité car estime- t-il, ils vivent déjà le martyr et le créateur du ciel en a bien conscience. Dans ce quartier, impossible de forer un puits. Selon les témoignages des habitants, le problème de l’eau se pose avec acuité, rien d’étonnant avec l’explosion démographique dûe à l’arrivée des déplacés. Il y a un de forage dans les environs mais avant d’y avoir accès, il faut payer 1000f selon les femmes .  « Ceux qui ont des ânes vont à Blamonga ( 5 km)pour puiser de l’eau dans les bidons. » explique Adama Nakorba, la trentaine, ex habitante de Blamonga.

Dans ces quartiers aux cases particulières, la vie essaie de continuer avec des populations qui voient, chaque jour qui passe , s’estomper le rêve de retourner sur leurs terres qu’ils ont été forcé d’abandonner , menacés par des hommes armés qui sèment panique et désolation, tuant et pillant tout sur leur passage. Avec les grandes pluies qui s’annoncent, il est à craindre la recrudescence des cas de paludisme surtout pour les enfants. Désormais, après l’insécurité, les populations doivent affronter la faim, la soif et les maladies en attendant l’arrivée probable des organisations humanitaires

Robert Douti

Laabali

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