Titres : Quand l'élève reprend le Professeur : Une leçon de droit constitutionnel ... Examen du BEPC : Un démarrage sous une pluie battante dans la région des Savanes ... Tamoï : Survivre à l'indescriptible ... Tamoï : Survivre à l'indescriptible ... Togo: Plan International et CRS lancent des projets pour renforcer la résilience des populations dans les région des ... ... 29e Tour cycliste du Togo: l'hymne du Mali résonne à Dapaong ... Démarrage d'une campagne de chirurgie de la cataracte à Dapaong . ... Hommage à Yannick Laurent Bayala : Une voix qui s'éteint, un héritage qui demeure ... Élections à l'UTOCI : Kolani Douti réélu Président ... Crise au sein du football Camerounais:Eto'o Obtient le soutien de la FIFA ...
Accueil Articles Tamoï : Survivre à l’indescriptible
Afrique

Tamoï : Survivre à l’indescriptible

par Robert Douti - 2024-06-09 16:51:16 34 vue(s) 0 Comment(s)

 » Pour peu, mon fils serait mort derrière moi. Ce jour-là, il m’avait encore battue. Pour me sauver, j’ai fui, l’abandonnant, agonisant.  » Parfois, certaines situations sont difficiles à expliquer, les mots ne suffisant pas à les décrire. Loin d’être une fiction, nous sommes devant une réalité indescriptible. Et elle est vécue par plus d’une femme, loin des regards et dans un silence retentissant.

Tamoï, née à Kotsokopé, un petit village au sud du Togo, incarne une histoire tragique et poignante. Ses parents originaires de Dapaong s’y sont installés pour cultiver la terre .

Âgée aujourdhui de 21 ans, cette jeune mère de deux enfants porte sur ses frêles épaules le poids d’une vie marquée par la souffrance et l’abandon. Enveloppée d’un pagne en nylon noué jusqu’à la poitrine, son corps amaigri témoigne des épreuves qu’elle a traversées. Les traits sur son front et son visage fermé racontent silencieusement une vie de luttes incessantes.

« Déjà à huit ans, je jouais le rôle d’une femme. Ma mère a quitté son foyer m’abandonnant avec mes trois frères, sous la seule responsabilité d’un père impuissant et absent. » se rappelle t-elle. Sans soutien ni ressources, Tamoï n’a jamais eu la chance d’aller à l’école, perdant ainsi l’opportunité d’échapper à la pauvreté par l’éducation.De ses parents, la jeune femme n’a reçu en héritage que la misère.

Comme l’on pouvait s’y attendre, elle sera mariée alors qu’elle sortait à peine de l’adolescence, Moyème, un jeune apprenti maçon en fin de formation. « Depuis qu’il est devenu maître maçon, il n’a jamais ramené quelque chose à la maison. Je me suis retrouvée à me battre seule. Et quand je tente de lui faire des remarques, il me roue de coups. Il y a deux ans, il avait tenté de se suicider suite à une dispute avec moi. Et depuis, je me garde de lui réclamer quoi que ce soit, » confie t-elle.

Pour survivre, elle se retrouve à faire tous les boulots y compris les plus humiliants. Courant mars 2024, Simon, son deuxième fils est mort faute de soin. Ce fût une tragédie déchirante. Bébé au dos, elle devrait parcourir les champs pour ramasser les tiges de mil et les vendre afin de faire face aux ordonnances médicales mais aussi acheter de quoi manger. Cette tragédie s’ajoute à une série de violences conjugales qui l’ont poussée à fuir son domicile, abandonnant tout derrière elle pour sauver sa propre vie. La fuite de Tamoï n’était pas un acte d’abandon, mais un cri désespéré de survie. Elles sont nombreuses, ces femmes qui vivent le martyr en silence. Et pour elle, les droits de la femmes sont de vains mots. Le pire, c’est qu’elles risque de faire prospérer la précarité en transmettant à leurs enfants.

Malgré son jeune âge, Tamoï affiche une résilience et une force intérieure impressionnantes, caractéristiques des femmes qui, loin des regards et dans un silence retentissant, affrontent chaque jour des réalités indescriptibles. Sa lutte quotidienne est une lutte pour la dignité, pour la survie, et pour l’avenir de son enfant restant. Mais pendant combien de temps pourra-t-elle tenir ? Sa mère, de qui elle pouvait espérer du soutien, a un statut de réfugiée depuis deux ans. Koultchiak, le village de son nouveau mari à quelques kilomètres de Dimbéndé, a été déguerpi par les groupes armés.

Sécurité sociale, où es-tu?

Laabali

Published
Categorized as Afrique

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *