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Nord Ghana : A Kongo, les autorités désamorcent les tensions communautaires

par Robert Douti - 2025-09-14 15:19:49 338 vue(s) 0 Comment(s)

Alors que la région des Savanes togolaises gère les effets de la crise sahélienne, le nord du Ghana, voisin immédiat, vit au rythme de conflits intercommunautaires. Après les affrontements meurtriers de Gbiniyiri fin août, une nouvelle flambée de violence a ressurgi cette semaine à Kongo. Cette fois-ci, c’est la communauté Bimoba qui a été attaquée. Le district de Garu-Tampane redoute une spirale de violence entre Peulhs et Bimoba .

Le village de Kongo, dans le district de Garu-Tampane, au nord-est du Ghana, a été le théâtre de nouvelles violences dans la nuit du mercredi au jeudi dernier. Des hommes armés ont pris pour cible plusieurs concessions appartenant à la communauté Bimoba. Deux personnes ont été blessées par balles, cinq concessions ont été incendiées et plusieurs dégâts matériels ont été enregistrés.

Une attaque nocturne et ciblée

Selon des témoins, les assaillants sont arrivés aux alentours de 22 heures, à l’extrémité du village. Contacté par notre rédaction, Yacoubou Fataw Moni, assembly man de Kongo-Nadjigu, décrit une scène de terreur : « Dans la nuit du mercredi vers 22 heures, le village a été réveillé par des détonations d’armes à feu à l’extrémité Est. Les coups de feu ont duré environ deux heures. Ce sont les concessions Bimoba qui ont été visées par une attaque d’individus armés non identifiés. Cinq concessions ont été incendiées et deux personnes ont été grièvement blessées par balles. L’une d’elles, actuellement hospitalisée à l’hôpital de Bolga, tentait d’escalader le mur de sa maison pour s’échapper lorsqu’elle a été atteinte à plusieurs reprises et laissée pour morte », confie l’élu local.

Pour l’heure, l’identité des auteurs n’est pas officiellement confirmée, mais plusieurs sources locales évoquent un possible règlement de compte imputable à la communauté peulh, en représailles à des tensions foncières persistantes.

Le septentrion ghanéen connaît une série d’affrontements sanglants depuis quelques mois. Le 2 août dernier, un premier incident avait opposé éleveurs et agriculteurs Bimoba dans le même village de Kongo : huit concessions avaient été incendiées et une dizaine de personnes blessées, conséquence d’un litige foncier vieux de trois ans et toujours en cours devant les tribunaux.

Plus à l’ouest, le 24 août, la violence a éclaté dans le village de Gbiniyiri, près de la frontière avec la Côte d’Ivoire. Là encore, un conflit foncier a dégénéré, touchant une douzaine de communautés et entraînant une vague de destructions et de déplacements de populations vers le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire voisine.

Depuis la matinée du jeudi 11 septembre 2025, Kongo est placé sous haute surveillance de l’armée ghanéenne, qui tente de prévenir toute escalade. De sources locales, une rencontre de médiation est prévue ce lundi à Bolga, en présence des représentants des deux communautés et des autorités locales. L’objectif est de restaurer le dialogue et d’éviter une nouvelle spirale de violence.

Si les affrontements communautaires trouvent leurs racines dans des rivalités foncières et identitaires anciennes, ils suscitent désormais une inquiétude plus large. Les groupes armés terroristes opérant au Burkina Faso et au Togo voisin ont souvent l’habitude de se greffer sur les conflits locaux pour s’implanter et recruter.

En exploitant les fractures entre communautés, ces organisations cherchent à s’infiltrer dans le tissu social fragilisé, à élargir leur zone d’influence et à déstabiliser durablement la région. Le nord du Ghana, situé dans une zone frontalière sensible, pourrait ainsi devenir une nouvelle cible si ces tensions communautaires continuent de dégénérer sans règlement durable.

Robert Douti

Laabali

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