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Tone4 : Des interrogations après l’assassinat de six civils dans le village de Waldjouaque

par Edouard Samboe - 2023-04-21 15:41:43 3690 vue(s) 20 Comment(s)

La peur et les interrogations continuent de planer dans le village de Waldjouaque, 24 heures après la tuerie macabre qui s’est abattue sur ce village de la commune de Tone 4 (région des savanes, 600 Km de Lomé. Six civils, tous, des hommes ont perdu la vie, après une descente d’un groupe armé extrémiste, dans le petit marché du village, le 20 avril 2023. Après avoir ouvert le feu sur lesdits civils, ils ont pillé les boutiques, enlevé les vivres et les boissons avant de s’éparpiller dans la nature, de l’autre côté de la frontière du Burkina Faso.

Waldjouaque, c’est le village qui s’était fait parler de lui, en janvier dernier, lors d’un passage d’un troupeau de pachydermes. Situé, à la frontière du Burkina Faso, 06 Km à l’Est de Yembouate, dans le canton de sanfatoute, (commune de Tone 4, région des Savanes)  et au Sud-Est de Zambendé , canton de la province du Koulpelgo (région du centre-Est Burkina Faso) soit, environ 636 km de Lomé la capitale, le village de Waldjouague n’est pas du tout paisible, depuis ces dernières 24 heures.

Dans l’après-midi du 20 avril 2023, aux environs de 16 heures, alors que les villageois étaient dans le petit marché du village, un groupe d’individus non encore identifié y a fait irruption. Les villageois parlent d’individus motorisés, des binômes, armés, aux côtés d’autres hommes armés à pied.

Selon les récits de certains villageois, ces groupes d’hommes armés, ont pénétré dans le marché, alors que d’autres étaient placés aux alentours du village. Les villageois parlent d’une panique qui s’est emparée du village au vu de ces individus. Ceux qui ont tenté, pris de panique de s’enfuir, ont été abattus. Les victimes, tous des hommes parmi lesquels deux boutiquiers . Puis lesdites boutiques ont été vandalisées et des vivres, des boites de conserves et de la boisson ont été emportés.

 Les rescapés parlent des tirs violents , usage d’armes létales sur des innocents sans défense, et aux mains nues.  Après ce drame, les assaillants ont passé au peigne fin le village puis emporté l’essentiel du bétail des villageois, laissant les corps sans vie sur les lieux.

Cette situation de mort, a poussé les villageois qui ont décidé de fuir le village. Depuis la nuit d’hier, les villageois parlent de l’arrivée de l’armée qui a engagé des ratissages. Certains s’interrogent sur la véritable intention de ces assaillants qui s’en sont pris à un pauvre village qui accueille, depuis quelques mois, des réfugiés venus du Burkina voisin, à la recherche de la sécurité.

Ce matin, aux environs de 8h, certains corps ont été inhumés, dans la plus grande interrogation des villageois, qui veulent comprendre les intentions et l’origine des assaillants. La panique et l’incompréhension hantent le village de Waldjouague. Un village qui était jusque-là épargné des attaques terroristes.

C’est la première fois, que cette localité est sujette à une telle attaque armée. Il s’agit aussi d’une première de telle envergure au Togo, depuis le début des activités terroristes.

Depuis 2021, les activités terroristes qui étaient centrées dans le petit gourma, avaient touché certains villages du grand gourma. Mais la plupart du temps, c’était des armes blanches, des descentes nocturnes, des exécutions sommaires et des IED (engins explosifs improvisés).

Avec l’exécution de Waldjouague, en pleine journée, on s’interroge sur l’origine des assaillants et leurs mobiles. Certes, le JNIM ( Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) qui opère dans le nord de ce village sur un rayon de 80 km de l’Est en Ouest, est connu. Il s’agit des encablures de la chaine forestière Kompienga-Lallabiga à l’extrême Est proche du Bénin, en direction vers l’ouest jusqu’à Sangha et Cinkassé à l’ouest. Ces derniers 60 jours, ces parties du Burkina ont été le théâtre de plusieurs activités des groupes armés, caractérisées par les tueries et le vol de bétail.

Certes, les combattants du GNIM ont signalé leurs présences depuis 2020, de la frontière de Burkina-Bénin de Kourou-koualou et Koualou (Arlit-Pendjari), avec des contagions sur les villages togolais proches de ces localités. La contagion s’est poursuivie jusqu’à Pognon-Sankoado, Pama, Zembendé, Komyanga puis Sangha, Warghai, Salamboaré , jusqu’à Bitou sur le sol burkinabè. De ces villages écumés dans le sol burkinabè, situés au nord des villages frontaliers togolais, des tentatives d’incursions sont signalées. Mais c’était souvent de vol de bétail, surtout dans cette partie du Togo. Avec un enregistrement massif des déplacés burkinabè en sol togolais, dont les épicentres sont Pognon, Korbongou, Yembouate, Sam-naba, Timbou et Cinkassé.

Certes, un front de percée terroriste a été signalé entre Zembendé-Yembouate, fin 2021 jusqu’à la mi 2022, mais l’armée togolaise l’avait repoussé. Mais avec ces assassinats en pleine journée, les velléités de pénétration sur le sol togolais à partir de cette zone, qui est considérée comme le deuxième front l’expansion terroriste sur le Togo ne sont pas encore anéanties.

Quand au vol de bétail, c’est le statut quo depuis juillet 2022, dans plusieurs villages togolais jonchant la frontière du Burkina, qui devient une technique de pression de terroriste sur les villageois. Les enlèvements de bétails, mais aussi les pressions sur les villageois, afin qu’ils quittent étaient signalés dans des villages voisins.

L’armée togolaise qui opère depuis plusieurs mois, leur inflige des lourdes pertes et freine leur élan. Ce qui avait limité leurs actions dans cette partie du Togo qui est zone de savane, dont les groupes extrémistes ont des difficultés à se camoufler, dans un rayon de 20 km de part et d’autre, des frontières.

Affaire à suivre….

Edouard Kamboissoa Samboé,

Observateur des groupes extrémistes

Laabali.tg

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