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Économie

Kitidjan : Plusieurs jours après l’inondation, les habitants côtoient l’eau

par Edouard Samboe - 2026-07-22 16:47:17 43 vue(s) 0 Comment(s)

Kitidjan est un quartier situé non loin d’un basfond à l’ouest, situé dans la commune d’Agoènivé1. Cette partie déborde d’eau en période de fortes précipitations. Exposant les habitants à plusieurs dangers dont le déménagement forcé, les risques de maladies hydriques et du paludisme voire des accidents de suites des glissades. … cela fait plusieurs années que ça dure. Une situation qui s’est exacerbée avec les récentes fortes pluies des 29 et 30 juin. Plus de deux semaines après, les habitants sont toujours dans l’eau.

« Dans les années 1997 », témoigne une habitante, « j’étais déjà installée dans ce quartier. Il n’avait pas encore ce problème d’inondation ». C’est le constat que dressent les témoins de l’époque. C’était encore « Lomé, la belle ». Mais aujourd’hui, lorsqu’on se balade, et qu’on côtoie les poubelles, les ordures, les eaux stagnantes, on demande : « Que devient ce Lomé d’antan ? ». Ce 16 juillet, les habitants vus sur les lieux s’accordent à dire : « les inondations sont régulières dans cette zone mais particulièrement dans la partie ouest de kitidjan ».

En effet, les 29 et 30 juin, de fortes pluies se sont abattues sur la ville de Lomé et ses environs. Plusieurs millimètres cubes en quelques heures, entrainant un déversement des eaux dans les parties inondables. Cette situation a transformé aussitôt le quotidien des habitants en un cauchemar. Dans les quartiers Agoé Zongho et Agoè Assiyéyé, l’eau aussi est passée par l’eau. Plusieurs quartiers jusqu’ici non inondables ont subi le passage des vagues d’eau.

Mais à Kitigan, les eaux avaient pris le dessus sur le programme des habitants. « j’ai fini de préparer, du riz et du côm (pâte préparée à base de maïs )  destiné à la vente, je voulais me reposer un peu avant de sortir. Aussitôt, j’ai entendu les cris des voisins. Sortez, sortez, les murs sont en train de tomber. A ma sortie dans la cour de la maison, j’ai vu que le mur est tombé et l’eau est rentré dans la maison. J’ai essayé de sauver quelques effets avec l’aide des voisins. L’eau a abimé ma marchandise et emporté certains de mes effets. », témoign Akouvi, revendeuse de vivres.

Kpatogbé Yawa voisine de  Akouvi a contribué à alerter cette dernière et les autres habitants. Elle se rappelle comme si c’était hier : « C’était autour de 11h ce 30 juin, après avoir fini la torréfaction de mes gâteaux, je suis sortie dans la cour intérieur et j’ai constaté que l’eau avait envahie toute la cour et fait tomber des murs. C’est là que j’ai commencé par crier pour alerter les autres habitants ».

Dans cette concession, Yawa est la seule occupante de la maison à rester sur place. Quatre autres occupants ont déménagé. Interrogée, elle nous a déclaré venir de Vogan pour faire son commerce. Elle fait déjà deux dans cette maison de location.  

Pour vidégla Junior, résidant à trois maisons après cette concession « les entrées et les sorties sont devenues compliqués depuis les pluies des 29 et 30 juin.  Regardez l’eau qui est stagnée depuis lors. Nous avons remblayé devant nos maisons pour créer un petit passage mais c’est compliqué. Quand tu sors et la pluie commence, tu es obligé de rentrer dans les 30 min qui suivent sinon, tu ne pourras rentrer qu’après des jours. » .

La mobilisation immédiate des autorités locales

Au lendemain des pluies des 29 et 30 juin, des équipes de la Mairie, des Affaires sociales et de L’Agence nationale de la protection civile (ANPC) ont marqué leur passage pour soutenir les victimes.  Dans les quartiers tels que Agoé Zongo et Agoé Echangeur, les agents municipaux continuent les travaux d’assainissement. L’Agence nationale de la protection civile (ANPC) a volé au secours de plusieurs concessions. Aussi, des citoyens se sont mobilisés pour apporter des solutions immédiates dans les zones inondées.

Selon le président du Comité villageois de développement (CVD) Elo koami, Kitidjan est l’un des anciens quartiers de Lomé. Avec le temps, les terres se sont affaissées dans ce bassin et des précautions n’ont pas été prises pour permettre le drainage des eaux de pluies vers un bassin aménagé. Le problème s’explique aussi par la construction inachevé d’un bassin et certains comportements inappropriés des riverains qui ne favorise pas le passage de l’eau, créant ainsi son stockage et des inondations à la suite. Une retenue d’eau non aménagé totalement se dresse au centre du quartier.

Pour le président CVD, ce bassin a été construit il y a quelques années quand les mairies n’étaient pas encore bien constituées. En 2024, la Mairie d’Agoènivé1 a entrepris la construction d’un autre bassin derrière la résidence du chef canton d’Agoènivé. C’est lors de cette construction que le sable creusé a été déversé aux abords du bassin de kitidjan avec la promesse de les ramasser après. Une fois la saison des pluies amorcée, la Mairie n’a ramené qu’une partie du sable qui a été déversé. L’autre partie a été utilisée par les habitants situés en face de la grande voie pour élever leur devanture. Ce qui a freiné le passage de l’eau vers l’ouest et aggravé les inondations. D’autres habitants du côté ouest utilisent du sable, des débris de briques et même des ordures pour bloquer le passage de l’eau entre les intersections. Tout ceci ajoutés au manque de caniveaux à même de faire passer l’eau a contribué à aggraver la situation.

Attissogbé komlavi, secrétaire du CVD a déploré ce comportement des riverains « les riverains en versant su sable sur les voies et devant leurs concessions pensent bien agir mais ignore qu’en la bloquant, il y aura des inondations. »

 Le bureau du comité du développement du village sortant a eu du fil à retordre lorsqu’il a tenté de ramener les gens à la raison. Certains même ont tenté de s’en prendre à la vie du président sortant a confié le secrétaire actuel.

Après les pluies, l’eau stagne presque toute la saison pluvieuse. Cette situation n’est pas sans conséquence sur la vie des habitants qui y vivent. En dehors des déménagements forcés et des accidents que vivent les habitants pendant les pluies, un autre problème moins visible mais plus préoccupant se vit : la prolifération des maladies hydriques. Après plusieurs jours ou semaines, l’eau stagné change de couleur raconte Vidégla junior et peut contribuer à contaminer des maladies surtout aux enfants. Comme solution immédiate préconisée, ce riverain plaide pour la désinfection de l’eau dans ce quartier. Cette eau peut également contribuer à multiplier les gites larvaires et causé le paludisme. Il a préconisé aussi de dormir sous les moustiquaires pour prévenir le paludisme.

Le président du CVD affirme avoir fait plusieurs démarches auprès de la mairie d’Agoènivé 1 en ce qui concerne ce problème. Des courriers ont été adressés à la Mairie dont la dernière en date de février 2026 est en attente de réponse. Elo koami et son secrétaire Attisogbe komlavi ont proposé à la Mairie l’aménagement d’une retenue d’eau, la construction des caniveaux et le remblayage des voix mais aussi le drainage de l’eau vers la rivière Zio située à moins d’un kilomètre de Kitidjan.   

Contactée par téléphone, le Maire d’Agoenivé 1 Akossiwa aguzé a reconnu l’urgence de la situation de Kitidjan. Pour elle, cette situation est la résultante des actions des administrés qui ont bloqué le passage de l’eau à des endroits. Comme mesure annoncé, elle a laissé entendre qu’un projet d’achat de motopompe est en cours pour permettre l’écuation de l’eau des zones inondées et l’état prévoit de réaliser d’autres projets à l’avenir pour l’assainissement de Kitidjan.

En attendant toute initiative, les habitants de Kitidjan, restent plongée dans le désarroi et ne pourront à nouveau intégrer les maisons pour certains et vivre dignement pour d’autres qu’après l’arrêt des pluies.

Origines de ces inondations …..

Dans un document intitulé « Projet « Intégrer la gestion des inondations et des sécheresses et de l’alerte précoce pour l’adaptation au changement climatique dans le bassin de la Volta »  » Les inondations (fluviales, pluviales, par remontées de nappes et côtières) constituent un risque important auogo (Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières, 2013). La fréquence et l’intensité des événements de précipitation ont augmenté, toutefois les précipitations annuelles totales et la durée des saisons des pluies ont diminué ces dernières années. Les changements climatiques, associés à la dégradation des terres et au développement urbain peu réglementé, ont entraîné une augmentation de la gravité des inondations dans tout le pays. Les inondations affectent chaque année les zones rurales et urbaines, avec des conséquences majeures pour les communautés ayant un accès limité aux services et aux infrastructures ». On comprend aisement que ces aléas climatiques sont le résultat d’une combinaison de facteurs climatiques, environnementaux et anthropiques . Mais aussi les inondations fréquentes dans cette partie de Kitidjan s’expliquent par une urbanisation galopante et non maitrisée ajoutée à une mauvaise gestion de l’assainissement.

 » Selon la Banque mondiale, le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité des inondations dans la région (Banque Mondiale, 2018). Une recherche de l’UNU-EHS a révélé que la principale période de graves inondations se situe maintenant de juin à octobre, donc avec un impact direct sur la récolte (ReliefWeb, 2020). Dans les zones rurales, la vulnérabilité aux inondations augmente en raison de la dégradation des terres, laquelle impacte actuellement 85% des terres arables. Le secteur agricole est généralement le plus durement touché par les inondations, qui affectent les cultures de manioc, de maïs et des divers légumes. Dans les zones urbaines, le manque d’urbanisme, d’entretien et de réseau de drainage adéquat augmente les impacts de ce
risque.Dans tout le pays, les eaux de débordement ont tendance à stagner en raison d’une morphologie plate, ce qui augmente la prolifération des maladies d’origine hydrique. De plus, la pratique fréquente de la défécation en plein air augmente le risque de pollution des systèmes d’approvisionnement en eau potable lors de ces événements ».

Valentin kambilibe Kolani

Laabali.com

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