Des montagnes d’ordures poussent au pied des ministères, sur les ponts, les trottoirs ou dans les quartiers périphériques. Malgré la décentralisation, les communes togolaises peinent à répondre à l’urgence environnementale. Absence de moyens, incivisme et défaillances structurelles, restent des défis qui tiennent tête à la gestion des ordures ménagères.
Dans les villes togolaises, les ordures semblent avoir trouvé droit de cité. Ni les politiques de décentralisation, ni les campagnes de sensibilisation, ni les appels à la responsabilité citoyenne ne parviennent à inverser la tendance. D’un quartier à l’autre, d’une commune à l’autre, le même constat s’impose : les déchets ménagers s’accumulent, se déplacent avec les eaux de ruissellement, colonisent les abords des marchés, les ponts et même les trottoirs. L’insalubrité devient une norme. Une injustice environnementale en pleine expansion.La décentralisation, censée rapprocher la gestion de l’environnement des citoyens, tarde à produire des résultats concrets. Les communes, souvent mal dotées en moyens humains, techniques et financiers, se débattent pour mettre en place un système efficace de collecte et de traitement des ordures. À Lomé, dans la commune de Golfe 5, le dépotoir sauvage d’Atilamonou s’agrandit sous les yeux des riverains, sans réaction structurelle durable. Dans Golfe 4, il y a deux ans, ce sont des montagnes de déchets qui s’entassaient derrière le ministère de la Santé. Ironie cruelleLes ponts, les carrefours, les pentes des routes deviennent des dépotoirs à ciel ouvert. À Adétikopé, dans la commune d’Agoè 7, la médiane centrale entre les deux voies principales est envahie d’ordures et d’herbes À Kara, le pont du Kpemboua ou celui de Haoussa Zongo à Dapaong, sont devenus de véritables décharges publiques.

À Atakpamé, une « 8e colline » a été ajoutée au paysage urbain par les usagers du marché. Située dans le quartier Tchakpali, elle déborde aujourd’hui sur la route reliant la ville à Hiheatro. Un symbole grotesque de l’abandon environnementalL’action lente des autorités municipales s’accompagne d’un incivisme croissant des citoyens. Jeter ses déchets n’importe où est devenu un geste banal. Pourtant, des lois existent. Mais leur application reste faible, faute de rigueur, de volonté politique ou de mécanismes de contrôle efficaces.Là où il faudrait éduquer, sensibiliser, sanctionner, les municipalités se contentent trop souvent de constater.Des projets existent : délégations de services à des entreprises privées, pré-collecte dans les quartiers, points de regroupement normalisés… Mais les efforts sont encore dispersés, souvent peu suivis, et peinent à s’inscrire dans la durée.
Laabali
