Les 11 et 12 septembre 2026, la ville de Dapaong a abrité un atelier stratégique consacré à l’harmonisation terminologique des langues moba et gulmancema. Portée par le Professeur Kantchoa Laré et une équipe d’enseignants-chercheurs issus des universités du Togo, cette initiative vise à unifier le lexique de ces langues pour booster leur intégration dans la vie socio-culturelle.
Dans la salle du centre communautaire de Dapaong, l’ambiance a rapidement pris des allures de laboratoire de recherche. Réunis en équipes, les participants ont libéré leur parole pour partager leurs expériences respectives. Cette dynamique de travail, marquée par des débats intellectuels de haut niveau et des contradictions constructives, s’est déroulée sous l’encadrement des professeurs d’université Laré Kantchoa, Adouna Gbandi Gnoufougou et Gawa Djahema
Le Pr Laré Kantchoa s’est réjoui de la forte mobilisation et de l’enthousiasme des différentes corporations. Selon ses explications, les commissions de travail ont d’abord passé en revue les propositions de termes collectées en amont auprès des acteurs de terrain. Ils ont ensuite analysé les nombreuses variantes lexicales qui coexistent dans les deux langues.
L’objectif final de cette démarche est triple :

Cet atelier concrétise le projet d’un comité d’initiative de trois membres. Ce groupe s’est donné pour mission de corriger le manque de cohérence dans l’usage actuel des langues. En effet, les divergences dans l’emploi des mots, la multiplication désordonnée de nouvelles expressions et l’absence d’un consensus clair freinaient jusqu’ici la production de documents de qualité, la traduction fiable, l’enseignement et les programmes d’alphabétisation.

Un pont culturel à l’échelle de la sous-région
Il convient de rappeler que le moba et le gulmancema représentent le socle linguistique et culturel majeur de la Région des Savanes, au nord du Togo. Cependant, leur influence dépasse largement les frontières nationales. Ces langues sont également parlées dans la région de l’Est du Burkina Faso, dans le Nord-Est du Ghana, ainsi que dans le Nord-Ouest du Bénin.

Au quotidien, elles demeurent des vecteurs incontournables pour la communication de proximité, la transmission des savoirs endogènes, l’éducation non formelle, la cohésion sociale et la sauvegarde des valeurs culturelles de la communauté.
Laabali
