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Tigban-Paab: « la culture dans la région des Savanes se meurt», du Pr Moutouré Yentougle

par Edouard Samboe - 2025-12-11 10:35:01 203 vue(s) 0 Comment(s)

Tingban-Paab , Culture et développement local: Enjeux (défi) et opportunités. C’est le thématique au cœur d’un débat ce 10 Décembre 2025, à Dapaong. Sur la table se trouvent des chercheurs de l’Université de Kara, cadres originaires de la région des Savanes. Il s’agit du Pr Moutouré Yentougle,  Maitre des Conférences  en sociologie à l’Université de Kara. Ganssouabe Gountante, Maitre Assistant en Sociologie à l’Université de Kara et du Pr Minbouale Bakpa, Maitre des conférences à l’Université de Kara. Cette conférence dans le contexte des festivités de Tingban-Paab, fête traditionnelle de la région des Savanes. L’objectif est de faire l’évaluation de la culture en lien avec le développement.

Pour planter le décor de sa communication Pr Moutouré Yentougle,  Maitre des Conférences  en sociologie à l’Université de Kara s’adressant  aux jeunes à laisser entendre : «(…) la culture dans la région des Savanes se meurt. La culture, c’est ce qui nous unit ; qui fait que nous nous ressemblons vous et nous (…) Le seul indicateur de l’unification de la communauté c’est la culture (… La culture , c’est tout ce qui chez l’homme se réfère à sa communauté de vie, c’est pourquoi on parle des traits distinctifs (…) La culture; c’est la base de la coexistence, c’est le fondement de la cohésion sociale».

 Selon lui, «(…) La conception première de Tigban Paab n’est pas les fétiches, mais c’est pour les moissons. Aude-la des moissons,  c’est les fils et les filles de la région des Savanes (…) Il s’agit de se poser la question: Les filles et fils de la région sont devenus quoi?  (…) Dans la région des Savanes, nous avons des ministres, des professeurs, etc … C’est une moisson (…)». Inquiet de l’absence des références des jeunes au niveau régional il a déclaré: « Aujourd’hui, les jeunes n’ont pas de référence, et si on demande aux jeunes qui sont leurs références, ils disent  DJ ARAFAT, ou a Rihanna. L’éducation est la base». Pr Moutouré Yentougle n’est pas allé sur le dos de la cuillere en expliquant « (…) Les rites qu’on a dans la région des Savanes, comme Tigban-Paab, nous disent que la région des Savanes a une moisson est abondante. Nous avons des ministres  et des fonctionnaires  nous servent de références (…). Evoqaunt les rites anciens en pays moba-gourma, on pouvait retenir de sa communication que « Autrefois, les rites comme Malkonte (Initiation des jeunes garçons) servaient de former des jeunes à être des références. On cherche toujours à se référer à notre père.  Tigban-Paab , c’est le fait pour les fils et les filles de revenir pour se faire connaître  et pour servir de référence aux jeunes. C’est l’utilité des rites traditionnels».

Pour faire entendre raison à la jeune génération, à travers un langage simple, universitaire a expliqué: « Vous êtes donc d’accord avec moi, que la culture se meurt.  Qu’est ce peut nous permettre de nous vanter en terme de culture? La culture se meurt. Parce que les individualités ont pris le dessus sur le collectif. Les idées partent des individus et les individus naissent d’une communauté. Ce sont les individualité qui font le collectif, mais pour avoir les individualités; il faut avoir le collectif. Ce que vous allez devenir dépend de votre force spirituelle, morale et  la façon dont vous agissez dépend du milieu dans lequel vous avez grandi. Les rites transitionnels comme ceux que nous célébrons permettaient de transmettre. La culture se meurt faute de transmission culturelle. Il faut redécouvrir nos valeurs traditionnelles. Tout ce qui vient de l’extérieur doit être en phase avec nous. Le retour à la source s’impose (…)».

Dans sa communication , Dr Ganssouabe Gountante, Maitre Assistant en Sociologie à l’Université de Kara  a expliqué aux jeunes la signification de Tigban-Paab. Selon lui, « Les fêtes des moissons sont nées du besoin de célébrer la terre, du besoin de remercier les ancêtres, les divinités ou la nature pour les récoltes reçues. En Afrique de l’Ouest, on a la fêtes des Ignames en pays Bassar, qui se trouve au Bénin et au Ghana également. Au Niger et au Burkina Faso, on a des cérémonies des fêtes du sorgho et du mil», a-t-il relevé avant d’ajouter «Nous avons la célébration autour du riz en guinée et en sierra Léone. Toute fêtes véhiculent un message commun qui est notre relation social avec la terre. Les fêtes de moissons jouent le rôle de renforcement de la cohésion sociale. C’est également, l’occasion de transmettre, donc il y a une transmission intergénérationnelle en agricultrice,  l’éducation des jeunes pour le travail bien fait, de la régulation sociale, et la résolution des conflits».

«Il y a beaucoup d’enjeux, dans ces fêtes: Sur le plan socio-économique, les fêtes des moissons bien organisées peuvent avoir un impact sur l’économie, la création des emplois saisonniers . La dynamisation du commerce local. Il y a la valorisation de l’artisanat. Il est question d’une économie culturelle autour de la musique et de la danse et de la gastronomie. Les fêtes de moissons peuvent devenir des plate-forme de sensibilisation à l’agriculture durable, au semences locales et des questions de l’eau. Parlant des enjeux politiques , ces fêtes peuvent soutenir des politiques de développement local. Elles demandent une gouvernance inclusive», a conclu le chercheur.

  • K.S

Laabali

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