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Économie

Tône 4: Le nouveau marché communal toujours vide deux ans après l’inauguration

par Robert Douti - 2025-08-28 17:48:05 843 vue(s) 0 Comment(s)

Le marché communal de Tône 4, inauguré en 2022, reste toujours désert. Plus d’un an déjà que commerçants et revendeuses ont plié bagage, laissant derrière eux des hangars flambant neufs. La raison : un malentendu sur les modalités d’occupation et des exigences jugées irréalistes par les usagers.

En ce dimanche d’août, une pluie fine balaie les ruelles de Korbongou, chef lieu de la commune de Tône 4. À cette période de l’année, les paysans libérés de leurs activités champêtres se reposent habituellement autour de pots de tchakpalo, une bière locale à base de mil . C’est le goût de cette boisson qui nous pousse jusqu’au marché Communal. L’infrastructure récemment construit se situe sur la route Dapaong- Ponio, à la sortie Est de Korbongou Autrefois, ce lieu vibrait d’animations : vendeurs de vêtements, d’ustensiles, de céréales, de condiments ou de bijoux, auxquels se mêlaient les saveurs des mets traditionnels. Aujourd’hui, ce décor a laissé place à un vide saisissant. Seuls demeurent les hangars solides et un forage photovoltaïque installé au centre, destiné à fournir de l’eau potable.

« Il n’y a personne ici. Que cherchez-vous encore ? » lance un habitant du voisinage, étonné de notre visite.

Des contraintes jugées insurmontables

Pour comprendre, nous rencontrons Moussa, un commerçant autrefois installé dans ce marché. Devant sa concession il s’affaire à l’entrée des bêtes pour les protéger de la pluie. « Un an après l’inauguration, nous étions exposés au soleil et à la pluie. Nous avons essayé de nous protéger avec des matériaux de fortune : bois, seckos, vieilles tôles… Mais la mairie nous a interdit ces abris. Elle exigeait des tôles neuves et des barres de fer, des choses hors de notre portée. Alors, petit à petit, tout le monde est parti. » confie le jeune commerçant.

Ce départ progressif a touché aussi les revendeuses de tchakpalo. Tani, l’une d’elles, témoigne avec regret : « Ici, ma boisson se vendait tellement bien qu’avant 15 heures, tout était fini. Aujourd’hui, je suis obligée de m’installer au bord de la route. Les clients viennent, mais sans enthousiasme. »
Même son de cloche chez Fati, marchande ambulante de bijoux : « Dans ce marché, je faisais vraiment fortune. Maintenant, c’est fini. »

Un espace qui manque à la vie locale

Un paysan rencontré sous un appatam de fortune, entre deux gorgées de tchakpalo, ne cache pas sa nostalgie, visiblement partagée par plus d’un : « Ce marché nous avait habitués à un vrai lieu de rencontre. Il faut qu’une solution soit trouvée pour que nous puissions y retourner. »

Aujourd’hui, les dimanches, autrefois synonymes de rassemblement et de convivialité, manquent d’âme. Les hangars flambant neufs brillent dans le vide, tandis que la commune perd des recettes importantes. Or, ces taxes et frais de marché sont essentiels pour financer les services locaux.

Le cas de Tone 4 n’est pas malheureusement pas isolé. Dans la commune de Tône 1, les marchés inaugurés à Djangou et Kourientré en 2024 attendent toujours leurs premiers occupants. Ces infrastructures, pourtant construites pour dynamiser l’économie locale, semblent tourner le dos à leur vocation première.

Entre exigences réglementaires, manque de concertation avec les bénéficiaires et réalités économiques des commerçants, les blocages persistent.

Trouver une issue

La polémique soulève une question de fond : à quoi servent des marchés construits pour les populations si ces dernières ne peuvent pas les occuper ?
.Les témoignages recueillis à Korbongou le rappellent : un marché est plus qu’un espace de commerce. C’est un lieu de vie, de rencontre, de solidarité. Sa fermeture affecte directement les revenus des familles, l’animation sociale et les finances communales.

Il devient donc urgent pour les autorités locales et les usagers de renouer le dialogue, d’adapter les normes aux moyens des commerçants, et de trouver une solution réaliste pour redonner vie à ces espaces.

En attendant, le marché communal de Tone 4, avec ses hangars flambants et son forage flambant neuf, demeure un symbole paradoxal : un outil pensé pour l’économie locale, mais qui reste inutilisé.

Valentin Kolani

Laabali.com

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