Gouandjouaga, 21 Décembre 2025, préfecture de Tone, région des Savanes. Les restes des sites métallurgique et de la forge résistent au temps. Mais si rien n’est fait, ce site touristique et ancien pourrait tomber dans l’oubli.
Malgré sa beauté et son histoire riche en faits et en récits. L’épicentre des Maab ou forgerons, ce clan gourmantsté qui a fait voyager des rois et des sociétés guerrières, avant de se voir démolir par l’armée coloniale allemande. Aujourd’hui, c’est un descendant de ce clan noble de l’Afrique ancienne qui en appelle aux consciences à fédérer leur forces et leurs énergies pour sauver l’essentiel.

Les foyers de résistances de la pénétration allemande dans la région des savanes ont été comptés à compte-goutte. Pourtant, les faits et les traumas laissés lors du passage du militaire de l’Allemagne coloniale demeurent.

Les peuples des Savanes avaient résisté à l’envahisseur allemand, mais la puissance de feu européenne avait eu le dessus. Outre les guerriers africains et les rois qui ont payé ce lourd tribut, figurent les forgerons. Ces derniers sont essentiellement du clan Maab, société ancienne d’initiés qui a la maîtrise du feu , du fer, de l’arbre, de la terre et de plusieurs forces occultes.

Les Maab ont subi la violence coloniale au point de pousser plusieurs générations des Maab à fuir et à se disperser. C’est le cas des Maab de Gouandjouaga, lieu emblématique et mythique de plusieurs familles tuées, chassées de leurs terres et de leurs ateliers.

Selon Yayédé Matiéyndou Namoine, sachant de la culture des forgerons et ontologie, auteurs de plusieurs ouvrages, descendant du clan Maab, qui, dans sa lignée a eu ses descendants assassinés par l’armée allemande : « Pour maîtriser une société qui lutte à travers les flèches et les lances, il faut s’en prendre aux forgerons qui les fabriquent. C’est ainsi que des colons allemands sont arrivés dans un marché pour s’en prendre aux miens. Ils avaient forcé un proche-parent avant de l’obliger à dévoiler les sites, les secrets et les lieux des Maab. Nos pères furent égorgés et des sites de forge sont restés sans usage depuis les années 1896. Les restes des survivants issus des Maab ont fui Gouandjouaga vers d’autre contrées».

Malgré la fuite à la suite de cette descente barbare, les Maab ont continué de raconter leur histoire à leurs descendants, en leur intimant l’ordre de sauvegarder les sites anciens.

C’est la mission de Yayédé Matiéyendou Namoine qui veut encourager les jeunes à sauvegarder ces sites devenus des lieux touristiques, de mémoire et d’histoire. Sur ces sites, on y découvre des valeurs et des savoir-faire techniques issus de la terre et du fer. On y trouve les hauts fourneaux et les restes du fer et de la fonte.
On a trouvé de refuges et des abris des forgerons des temps anciens. Il s’agit des endroits admirables qui montrent que l’Afrique avait une industrie de métallurgie aussi organisée qu’aujourd’hui. Malgré le passage du temps, ces sites parlent encore à notre jeune génération. Et si des sociétés ont résisté, c’est parce que des forgerons ont donné de leur sang, leur force , leur courage et leur génie.
Laabali
