Deux jours et demi de formation pour rien. Trois des quatre Abalo Kodjo convoqués ont été renvoyés chez eux après que le ministère a enfin identifié le bon candidat. Ce cafouillage, fruit d’une proclamation des résultats limitée aux seuls noms et prénoms, relance le débat sur l’opacité persistante que certains soupçonnent dans les concours de la fonction publique.
Les faits
Le 18 août dernier, le gouvernement annonçait avec faste la proclamation des résultats provisoires du concours de recrutement des enseignants fonctionnaires, organisé en décembre 2024. À la clé, une formation de deux semaines à compter du 1er septembre pour les heureux lauréats. Mais au lieu de symboliser la transparence et la rigueur, l’épreuve laisse apparaître une faille dans la gestion des concours publics au Togo.
Lundi 1er septembre, scène insolite à la formation des enseignants du primaire : quatre candidats, tous nommés Abalo Kodjo, se sont présentés, chacun certain d’avoir décroché sa place. Deux avaient composé à Atakpamé, un autre à Tsévié et le dernier à Lomé. Les résultats ayant été proclamés uniquement avec noms et prénoms, l’homonymie a transformé la joie des admis en véritable casse-tête administratif.
Face au dilemme, les responsables de la formation ont dû transmettre les coordonnées des quatre candidats au ministère de la Fonction publique. Pendant deux jours, l’incertitude a persisté, chacun suivant assidûment les cours, dans l’espoir d’être confirmé. C’est finalement mercredi matin, aux environs de dix heures, que la sentence est tombée : des agents sont arrivés avec une nouvelle liste sur laquelle un nom avait été coché. « Ils nous ont montré la feuille et indiqué que c’est lui qui a réussi », confie l’un des malheureux recalés. Le “vrai” lauréat s’est révélé être celui qui avait composé au centre de Tsévié. Les trois autres, dont deux venus d’Atakpamé et un de Lomé, ont été priés de rentrer chez eux, après deux jours et demi de formation.
Ce cas n’est pas isolé. « La même scène s’est produite à Sokodé. Après de longues tractations, ils ont finalement dû garder les deux candidats », raconte un observateur, amer. « C’est malheureux pour ce pays. » L’année précédente, à Dapaong, une situation similaire avait déjà éclaté avec trois candidats portant le nom Douti : l’un de Cinkassé, l’autre de Tône et le dernier de l’Oti-Sud. Après plusieurs jours de flottement, c’est finalement celui de Cinkassé qui avait pu terminer la formation.
Commentaire
Autant d’exemples qui montrent que l’absence d’éléments d’identification clairs dans la proclamation des résultats ne fait que nourrir la confusion et affaiblir la crédibilité des concours publics. Au-delà de l’anecdote, cette affaire relance le débat sur l’opacité qui semble entourer trop souvent la proclamation des résultats des concours publics au Togo. Les autorités semblent ignorer qu’une publication transparente (comportant des informations complémentaires telles que numéro de table, date et lieu de naissance, centre d’examen) serait le meilleur moyen de limiter les suspicions et malentendus.
En continuant de communiquer des listes réduites à de simples noms et prénoms, le gouvernement expose non seulement les candidats à des confusions humiliantes, mais sape aussi la crédibilité de ses propres concours. Dans un contexte où chaque recrutement dans la fonction publique est scruté et contesté, une telle légèreté reste incompréhensible.
Si les autorités veulent restaurer la confiance des citoyens, il est urgent qu’elles modernisent et sécurisent le processus de proclamation des résultats. La transparence ne doit pas être un slogan, mais une pratique. Faute de quoi, les concours censés offrir une chance égale à tous continueront d’alimenter frustrations, suspicions et désillusion.
À force de banaliser ce genre de cafouillage, le gouvernement prend le risque de transformer chaque concours en loterie et chaque réussite en objet de suspicion. Dans un pays où l’emploi public reste l’un des rares horizons pour la jeunesse, l’État n’a plus le droit de jouer avec la confiance des citoyens.
Laabali

Moi même je suis dans le cas!
LARE DAMIGOU dans le centre de formation au Lycée nassablé!je fuis rentré brouduille à la maison!